Grossesse : les petits malaises

Grossesse : les petits malaises

Par Christine Deschêne, accompagnante à la naissance
www.maternia.ca

 

Attendre un enfant est un évènement marquant dans la vie d’une femme. Le ventre devient dès lors berceau de la vie. La grossesse et la naissance sont des phénomènes naturels aussi complexes que prodigieux. Durant les mois qui suivent la fécondation, le corps de la femme se transforme graduellement : tous les systèmes du corps humain devront s’adapter à cette nouvelle situation. Bien entendu, ces changements peuvent occasionner chez certaines femmes de nombreux malaises et inconforts reliés à la grossesse à différents niveaux et à  intensités variables. Bien que la maternité soit une période de béatitude pour plusieurs femmes, pour bon nombre d’entre elles les symptômes associés à la grossesse prennent une place si importante que vivre pleinement le moment de grâce qu’est la maternité leur est impossible.

 

Mais que faire de tous ces effets secondaires?  Comment les gérer alors que la prise d’une simple aspirine nous est interdite? Si vous ne vous étiez jamais posé la question à savoir quelle est l’alternative aux traitements proposés par la médecine traditionnelle avant d’être enceinte, vous devrez vous la poser pendant la période de gestation puisque la plupart des produits auxquels vous aviez accès en pharmacie, que ce soit sur tablette ou par prescription, vous seront désormais proscrits.  Quelles sont vos alternatives? Les médecines douces et les produits de santé naturels, de simples aliments à ajouter à votre assiette ayant les propriétés recherchées, en passant par la naturopathie, l’herboristerie, l’homéopathie et l’aromathérapie. Vous trouverez dans les magasins d‘alimentation naturelle telle que La Boîte à grains, tous les outils nécessaires pour vous permettre d’apaiser les malaises causés par la grossesse et peut-être même les enrayer. Pourquoi ne pas  profiter de cette situation particulière pour les essayer ? Voici quelques trucs pour vous aider avec les maux fréquents de la grossesse et d’autres pour vous préparer à l’accouchement.

 

Nausées et vomissements

L’un des premiers malaises à se présenter chez la plupart des primipares ou des multipares est sans contredit les nausées. Qu’elles soient accompagnées de vomissements ou non, elles sont un moment désagréable à passer qui, parfois, perdure jusqu’à la naissance de bébé.  Il s’agit d’un bon exemple pour illustrer mon propos. Pour aider à les faire disparaître, il suffit parfois de modifier son alimentation. Par exemple : manger des fruits principalement lorsque l’estomac est plein, en évitant les agrumes et autres fruits acides; éliminer la farine blanche raffinée ainsi que le sucre raffiné de votre alimentation en leur préférant des sucres naturels tels que le miel, le sirop d’érable, le sirop d’agave et autres; éviter les viandes et les aliments  trop riches, ainsi que tous ceux qui contiennent des additifs chimiques, des colorants ou des saveurs artificielles, tout en  augmentant l’ingestion d’aliments riches en sel (sauce tamari, craquelins, poissons d’eau salée et fruits de mer). Intégrez à votre alimentation une bonne quantité de gingembre en le consommant en racine fraiche,  confit et en infusion, ou si vous préférez en prenant une gélule après chaque repas  ainsi qu’au couché. Prenez de surcroit l’habitude de mâcher des graines d’anis. Un supplément de vitamine B6 pourrait aussi vous aider, consultez votre naturopathe pour connaître la dose appropriée! Si les maux de cœur viennent d’une difficulté à accepter la grossesse, l’homéopathie ou les fleurs de Back vous seront d’un grand secours.  

 

Reflux gastriques et brûlements d’estomac

Le système digestif étant particulièrement sollicité pendant la gestation, d’autres malaises  y étant reliés sont à prévoir. Les reflux gastriques et les brûlements d’estomac en sont des exemples fréquents. Encore une fois, modifier son alimentation en évitant les aliments acides et irritants, de même qu’en diminuant les protéines animales peut être suffisant dans la plupart des cas. Pour d’autres, manger des aliments alcalins (abricots, figues, dattes, olives vertes, raisins frais, bananes, pêches, pommes de terre, haricots, endives, cressons, etc.) en plus d’ajouter des amandes blanches, du riz, des haricots secs (rouges ou blancs), du tofu et du pain qui sont des antiacides naturels à leur alimentation sera la solution.  Après le repas, optez pour une tisane de fenouil, de mélisse ou de reine des prés ; elles ne sont pas contre-indiquées pendant la grossesse. (Ou si le cœur vous en dit : une infusion de graines de lin!) Dans tous les cas, ne buvez pas en mangeant, optez pour de petits repas plusieurs fois par jour et mangez-en un dernier constitué de glucides deux à trois heures avant d’aller vous coucher.

 

Constipation

Modifier son alimentation est souvent la solution de base à bien des problèmes, il en va de même pour la constipation qui touchera presque toutes les femmes enceintes à un moment ou un autre de leur grossesse.  Parmi les aliments susceptibles de vous aider: le son de blé brut, le son d’avoine, le son de riz, les fruits (le cantaloup, les pruneaux, les figues et les dattes) et les légumes (surtout ceux fibreux). Comme une carence en acide folique peut être reliée à la constipation, augmentez votre apport de légumes à feuilles vertes comme le persil, les asperges et les épinards qui en sont riches. Si vous devez prendre un supplément de fer, favorisez le citrate de fer au détriment du fumarate et du sulfate de fer qui causent plus souvent des crampes et de la constipation. Bien entendu, buvez beaucoup d’eau et incorporez des séances d’exercices physiques tels que la marche ou le yoga à votre horaire quotidien. Si la constipation persiste, vous pourrez vous tourner vers différentes teintures mères ou encore prendre de la levure de bière.

 

Hémorroïdes

La constipation mène malheureusement parfois à l’apparition d’hémorroïdes. Les hémorroïdes, mais aussi les varices et l’œdème, sont des problématiques reliées au système circulatoire. Grâce à la progestérone (hormone dégagée par le corps pendant la grossesse) les vaisseaux sanguins augmentent leur capacité. C’est ce qui permet d’équilibrer la pression sanguine malgré l’augmentation de 25% du flux sanguin. Pour vous soulager, vous trouverez dans toutes les boutiques d’alimentation naturelle ce qu’il faut pour faire un cataplasme d’argile (verte ou grise) auquel vous ajouterez de la pâte de plantain ou des feuilles de chou, et un peu d’ail comme désinfectant. Prenez des bains de siège aux huiles essentielles (3 ou 4 gouttes dans une tasse d’eau) de camomille, de mélisse, de thym ou de géranium. Aussi souvent que possible, appliquez une compresse imbibée d’eau d’hamamélis et utilisez une pommade à base de millepertuis pour atténuer les démangeaisons ainsi que la sensation de brûlure.  Pour l’œdème, diminuez votre consommation de sels minéraux en remplaçant votre apport nécessaire d’iode, de chlore et de sodium par du varech. Souvenez-vous d’éviter le sucre et mangez des aliments aux propriétés diurétiques : melon, raisin, concombre, céleri, betterave, oignon, etc. Aidez vos reins en buvant de la tisane d’ortie, de framboisier, de romarin ou de bourrache.

 

Vergetures

Parallèlement à l’augmentation du volume sanguin, il y a la prise de poids. Malgré que cette dernière varie d’une future maman à une autre, elle a inévitablement une répercussion sur la peau.  La prise de poids ainsi que la déshydratation de la peau peuvent mener à l’apparition de vergetures. Pour les prévenir, masser l’abdomen (surtout le bas), les seins, ainsi que les fesses et les cuisses au besoin, avec une huile, un beurre ou une lotion hydratante.  Bien que les études démontrent que c’est le massage qui aide le plus à éliminer les risques de vergetures et non le produit utilisé, se servir d’un produit de qualité et sans additifs chimiques néfastes ne peut qu’optimiser vos résultats. Le beurre de karité, la vitamine E pure ou l’huile d’amande douce en sont de bons exemples. Les aliments à favoriser? Ceux riches en Oméga 3, comme les poissons d’eau froide (saumon, hareng, maquereau, sardine), l’huile de lin, les graines de citrouille et les œufs.

 

Autres conseils

Concernant la peau, une protection solaire adéquate vous sera nécessaire puisque l’épiderme est particulièrement sensible pendant la grossesse. Utilisez un écran solaire à base de filtre minéral pour vous protéger de façon à limiter l’absorption de produits chimiques pouvant traverser le placenta. Même chose pour vos produits de beauté et vos teintures capillaires, prenez soin de choisir des produits avec le moins d’ingrédients potentiellement néfastes pour votre enfant.

 

En plus de pouvoir diminuer d’autres symptômes reliés à la grossesse comme les crampes musculaires,  la congestion nasale, les problèmes de sommeil et  l’anxiété reliée à la grossesse, les produits naturels et les médecines douces pourront vous être utiles dans les situations suivantes : infection urinaire, grippe, sinusite, diminuer les risques d’être porteuse du streptocoque B, anémie, etc.  Peu importe ce que la période de gestation vous occasionnera comme inconfort ou problématique, il y a une solution disponible.

 

Préparation à l’accouchement

Dans un autre ordre d’idées, certains outils vous seront indispensables en préparation à l’accouchement. C’est le cas de la tisane de feuilles de framboisiers qui a comme propriété de tonifier l’utérus et d’enrichir le lait maternel. Des études ont prouvé qu’en boire 1 à 2 litres par jour en fin de grossesse facilite et accélère l’accouchement. Même chose pour les dattes, qui, consommées à raison de six par jour, auraient un effet semblable dû à leur haute teneur en ocytocine. 

 

Déclenchement de  travail

Si l’on prévoit déclencher artificiellement votre travail par une induction pour une raison ou une autre, peut-être souhaiterez-vous tenter au préalable de le stimuler de façon moins brusque. Pour ce faire, prenez des marches et mobilisez vos hanches le plus possible. Si vous en avez encore envie : faites l’amour. La prostaglandine présente dans le sperme aura un effet bénéfique sur la maturation du col et l’orgasme occasionnera la libération d’ocytocine naturelle dans le corps. La sécrétion d’ocytocine, hormone qui sert au déclenchement du travail, peut aussi être stimulée par le massage et la stimulation des mamelons. L’homéopathie combinée à l’acupuncture pourrait vous être d’un grand secours, consultez pour en savoir plus.  Mangez  des dattes, des ananas et des mets épicés en grande quantité peuvent également avoir un effet bénéfique sur le déclenchement du travail. Si rien ne fonctionne et que vous êtes prête à essayer une solution drastique, l’huile de ricin utilisée en cataplasme et/ou ingérée à raison de deux à quatre cuillères à table dans un verre de jus d’orange sera votre dernier recours!

 

Pour conclure…

La grossesse ne doit pas être traitée comme une maladie, même chose pour l’accouchement. Il s’agit plutôt d’un processus naturel nécessitant parfois un accompagnement afin d’en faciliter le processus, mais la nature fait bien les choses. De même qu’elle s’est assurée que le corps de la femme soit parfaitement adapté à la procréation, elle a mis à notre disposition  dans la nature tout ce dont nous pourrions avoir besoin pour nous soulager et nous aider durant cette période d’intense transformation. Une chose est certaine, que vous ayez des connaissances ou non en matière de médecines douces, de produits naturels et de trucs de grand-mère: avant de vous lancer dans un traitement quelconque, particulièrement pendant la grossesse ou il y a tant de contres-indications et de spécificités : consulter un spécialiste. Que ce soit un(e) naturopathe, un(e) homéopathe, un(e) herboriste, un(e) aromathérapeute, assurez-vous qu’il ou qu’elle soit spécialisé(e) en périnatalité. Cette nouvelle aventure vous permettra peut-être de prendre conscience qu’il y a des alternatives aux médecines traditionnelles. Pour moi, ce fut l’occasion de changer mes anciens réflexes quand vient le temps de me soigner et de maintenant penser autrement. Quand l’un des membres de ma famille a un petit problème de santé, avant de me rendre à la pharmacie, je visite une boutique d’alimentation naturelle et demande à un conseiller une suggestion. Après tout, la nature n’est pas qu’au service des femmes enceintes! 

 

Par Christine Deschêne

Massothérapeute agréée par la FQM 
Professeure de yoga certifiée
Entraîneuse de mise en forme
Accompagnante à la naissance

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