Luminothérapie / dépression saisonnière

Luminothérapie / dépression saisonnière

Il nous est tous arrivé après l’effervescence de l’Halloween, de trouver novembre pluvieux et sombre, et l’hiver rempli de malheurs ; on a moins d’énergie, on s’ennuie, on se tape une petite déprime.  Mais pour certains, cette déprime passagère s’incruste jusqu’au printemps avec ses symptômes, et c’est la panne de joie de vivre.  Quand peut-on parler de dépression saisonnière et quelles sont les solutions qui s’offrent à nous ?

Dépression saisonnière

En 1984, le dr. Norman E Rosenthal, chercheur à l’Institut national de Santé mentale d’Afrique du Sud, a établi un lien entre la période de luminosité et l’horloge biologique humaine dans le cas des patients souffrant de dépression saisonnière.  Cette théorie peut facilement s’appliquer à nous, au Québec, où les périodes d’ensoleillement rapetissent comme peau de chagrin dès le début de l’automne et rend l’hiver éternel d’ennui jusqu’au printemps.

Selon le dr. Rosenthal, la lumière envoie des signaux électriques aux neurotransmetteurs par le biais de la rétine qui devient hypo ou hypersensible.  Lorsque les jours décroissent à l’automne, qu’il y a moins de périodes d’ensoleillement, le corps produit moins de sérotonine, soit l’hormone du plaisir, de l’énergie et de la joie de vivre.  Par contre, la glande épiphyse sécrète plus de mélatonine, ce qui entraîne des effets négatifs sur l’humeur, un plus grand besoin de sommeil, une augmentation dans la consommation des hydrates de carbone et un état dépressif.

Au Québec, c’est 2 à 10% de la population qui est touchée directement ; surtout des femmes (70 à 80%) avant 55 ans, dont la moyenne d’âge est 40 ans.  De ce total, 10% des personnes devront être hospitalisées, alors que la grande majorité fonctionne à moitié, vaque à ses tâches quotidiennes sans grand enthousiasme.

Symptômes

Avant que votre médecin pose un diagnostique de trouble affectif saisonnier (TAS), faisons un petit test : vous reconnaissez-vous dans cette énumération de facteurs placés par ordre d’importance ?

  • Perte d’entrain et d’énergie
  • Hypersomnie
  • Irritabilité
  • Boulimie pour le sucre suivi d’un gain de poids
  • Diminution de la sociabilité
  • Difficulté à se concentrer
  • Baisse de la libido
  • Débalancement menstruel
  • Mélancolie
  • Pensées suicidaires

Les symptômes occasionnés par le TAS doivent se produire pendant des mois et se répéter au moins deux ans de suite avec interruption à l’été.

Calcul de la luminosité en chiffres

Rosenthal parle du soleil, du fait qu’il s’éclipse à l’automne, que les jours raccourcissent pour les habitants du nord comme nous.  En chiffres concrets qu’est-ce que cela représente? Nous employons ici l’unité de mesure de l’éclairement lumineux : le lux.

  • Journée d’été : 50 000 à 130 000 lux
  • Journée d’hiver : 2 000 à 20 000 lux
  • Intérieur maison : 100 à 500 lux

Une des solutions non médicamenteuses offerte est la luminothérapie.  Ces traitements quotidiens ajoutés à la pratique d’activités à l’extérieur et au supplément de 5-HTP (précurseur de la sérotonine) vous rendront plus dynamique et vous retrouverez votre entrain des autres saisons.

Candidat à la luminothérapie

En quoi consiste le traitement de luminothérapie ? Le fait de s’exposer à une lumière artificielle blanche, dont les tubes fluorescents filtrent les rayons ultraviolets, pour compenser le manque de lumière naturelle.  Vous vous installez devant, préférablement le matin, soit de 10 à 15 minutes après le réveil situé entre 6h et 9h.  Les effets positifs se font sentir entre 1 à 4 semaines suivant le début du traitement.  La luminothérapie doit durer toute la saison pour qu’il n’y ait pas de rechute.  Les succès avec la lampe sont de 60 à 90%.

La lampe en question :

  • Coût de la lampe : 200$ environ
  • Lampe de 10 000 lux demande 30 minutes d’exposition quotidienne
  • Lampe de 5 000 lux demandent 60 minutes
  • Où se la procurer : pharmacies, grandes surfaces, Amazon

Effets secondaires et contre-indications

Ne vous en faites pas, près de la moitié des gens diagnostiqués avec une dépression saisonnière et qui suivent un traitement de luminothérapie souffriront d’effets secondaires légers au début qui s’atténueront par la suite : céphalée, nausée, tensions oculaires, hyperactivité, transpiration, somnolence, insomnie.  Il suffit alors tout simplement de régler la lampe, diminuer la durée des séances et leurs fréquences.

Si vous êtes en surdose, les effets sont surtout l’insomnie et une très grande nervosité; ce qui arrive surtout aux personnes plus âgées et présentant des problèmes plus aigus et profonds de dépression latente liée à d’autres facteurs psychologiques.  Il faudrait alors consulter un professionnel de la santé pour résoudre ces angoisses.

L’hiver ? Oui, mais les yeux pleins de lumière

Si vous vous êtes reconnu dans ces définitions et symptômes, consultez un spécialiste car les solutions existent et souvent elles sont à notre portée sans trop d’efforts.  Faire des promenades sous la neige, jouer avec les enfants à l’extérieur, se découvrir des passe-temps passionnants qui vous feront socialiser.  Les 6 longs mois d’hiver n’ont pas à être vos ennemis, jonglez avec ce concept du temps circulaire, des rythmes circadiens, nous vivons au Canada et à moins de déménager en Floride, procurez-vous une lampe de luminothérapie et vous pourrez aussi jouir des beautés de nos hivers avec le sourire.

Références

https://www.protegez-vous.ca/Sante-et-alimentation/luminotherapie?gclid=COa13ouOxNACFYtLDQodtL8LnA

http://www.iusmm.ca/sante-mentale/depression-saisonniere.html

http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=depression_saisonniere_pm

Revue médicale Suisse 2003, pages 23-24.  Luminothérapie et troubles affectifs saisonniers dans la pratique clinique par F. Rachid J.-M. Aubry G. Bondolfi https://www.revmed.ch/RMS/2003/RMS-2450/23247

Lavoie, Marie-Pier, Ph.D., Évaluation de la photosensibilité rétinienne dans le but d'élucider le dérèglement neurochimique à l'origine du trouble affectif saisonnier et les mécanismes biologiques de la luminothérapie, thèse Université Laval, 2007 http://theses.ulaval.ca/archimede/meta/24200

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