Curcuma: ses bienfaits

Curcuma: ses bienfaits

Cela vous tente de creuser à mains nues dans le terreau de l’Histoire ? De prendre le risque de découvrir un secret qui pourrait sauver votre vie ? Ce qui nous intéresse, pousse en Orient, c’est le curcuma dont les racines remontent à 4 000 pieds sous Terre, soit 4 000 ans avant JC.  Ceux qui se nourrissent de cette épice au goût particulièrement poivré et piquant, ont aussi développé des atouts pour leur santé.

Richesse incontestée pour la médecine ayurvédique indienne et composante des cérémonies religieuses en Asie, les moines bouddhistes colorent avec le curcuma leurs robes.  Aujourd’hui, c’est ce même superaliment qui est étudié par les chercheurs occidentaux pour stopper les premiers symptômes de l’Alzheimer.

Bienfaits médicinaux :

On consomme le rhizome (la racine) du curcuma qui est jaune ou orange vif dans le curry, les soupes, les tajines ; il colore le riz, les pommes de terres, la moutarde et autres plats pour les rendre plus appétissants.  Au contact des autres aliments plus piquants, il en corrige l’acidité, mais ses bienfaits ne font que commencer :

•    Soigne les maladies de peau (eczéma, acné, psoriasis) par cataplasme ;
•    Aide à la digestion, maux d’estomac, nausées, syndrome du côlon irritable ;
•    Régularise la flore intestinale, protège le foie contre les ulcères ;
•    Prévient la formation de calculs biliaires en augmentant la sécrétion cholérétique et cholagogue de la bile ;
•    Anti-inflammatoire (version naturelle de la cortisone et de l’aspirine), le curcuma est un puissant antioxydant grâce à sa curcumine qui agit contre les douleurs et maux chroniques qui, sans lui, entraîneraient le vieillissement des cellules et l’apparition de tumeurs cancéreuses ;
•    S’attaque aux radicaux libres avant qu’ils ne déclenchent du stress oxydatif dans les cellules humaines ;
•    Bénéfique aux diabétiques, car abaisse le taux de mauvais cholestérol, simplifie la digestion des gras et du sucre.

Cancer et Alzheimer :

En établissant l’équation suivante : le curcuma contient de la curcumine, un antioxydant qui agit comme anti-inflammatoire, ce qui prévient le vieillissement et l’apparition des radicaux libres qui entraînent souvent le cancer, tout semble évident.

Depuis la fin des années 80, des comparaisons ont lieu entre les gens de l’Occident et ceux de l’Orient qui consomment du curcuma (à peu près 2 grammes par jour) à âge égal :

•    les Indiens ont 8 fois moins de cancers du poumon que les Occidentaux ;
•    9 fois moins de cancers du côlon ;
•    5 fois moins de cancers du sein ;
•    10 fois moins de cancers du rein.

Un facteur non moins négligeable qu’il faut prendre en considération : les conditions environnementales et l’exposition à d’autres éléments cancérigènes.  Prenons pour exemple, la pollution qui est, beaucoup plus grande dans l’air, l’eau en Inde qu’aux États-Unis ou dans les métropoles européennes, nous rappelle combien le curcuma a été utile de génération en génération pour ces populations du Sud.

Les chiffres pour l’Alzheimer sont aussi encourageants grâce à la consommation journalière de curcuma chez les Indiens, puisque ces-derniers âgés de 70-79 ans, sont 4,4 fois moins atteints de cette maladie que les américains du même âge.

La consommation de curcumine semble prévenir la dégénérescence de l’acuité intellectuelle, en détruisant les plaques de protéines responsables de brouiller la transmission des informations dans le cerveau, et même pourrait endiguer le processus une fois la maladie installée.  Il reste encore beaucoup d’analyses à faire pour les scientifiques des deux continents pour en arriver à une solution efficace dans le cas de l’Alzheimer.

Posologie :

•    Poudre : Une cuiller à thé de poudre de curcuma par jour.  Préférez acheter le rhizome entier, épluchez-le et râpez-le au dernier moment ;
•    Infusion : Une cuiller à thé dans 150 ml d'eau bouillante pendant 10 à 12 minutes. 2 tasses par jour ;
•    Teinture : 10 ml par jour ;
•    Cataplasme pour maladies de peau : mélangez un peu de poudre dans l’eau, évitez le visage car la couleur est inesthétique.

* Il est essentiel de consulter un professionnel de la santé avant de débuter tout traitement.

Effet particulier pour les gens en traitement de chimiothérapie : 8 grammes par jour améliore la tolérance et augmente le rendement positif lorsque consommé avec les médicaments suivants (gemcitabine, paclitaxel, docétaxel et oxaliplatine).  Par contre, évitez d’en prendre deux jours avant et après le traitement avec (camptothécine, doxorubicine, méchloréthamine, cyclophosphamide et vincristine) dont il inhiberait en partie les résultats.

Biodisponibilité et relation avec les autres médicaments :

Pour une meilleure absorption de la curcumine, on peut ajouter du poivre noir (pipérine) ou du gingembre, mais toutefois il y a de quoi souligner en rouge ce qui suit : l’effet du curcuma sera décuplé par 2 000 et faussera les dosages des autres médicaments.  Donc, soyez prudent avec le duo curcumine + poivre si vous prenez des médicaments.  Il semble bien que la prise de suppléments de curcumine facilite grandement la guérison sans trop d’effets secondaires.  Prenez note toutefois qu’il n’est pas recommandé pour les femmes enceintes, les gens qui prennent des anticoagulants et ceux qui font des calculs biliaires.

À la lueur de ces informations, il nous reste à conclure que le curcuma, épice favorite de l’Inde, pourrait devenir la fontaine de Jouvence en nous guérissant des maux de la terre… puisque plus on creuse, plus on trouve de la lumière, celle des connaissances ancestrales qui peuvent très bien nous servir à résoudre nos problèmes de santé modernes.

RÉFÉRENCES :

Murray, Michael T., ND Theracurmin, Mind publishing, Canada, 2014, 50 pages

Journal of Food Composition and Analysis, Volume 20, Issues 3–4, May 2007, Pages 346–351, Effect of heat processing of spices on the concentrations of their bioactive principles: Turmeric (Curcuma longa), red pepper (Capsicum annuum) and black pepper (Piper nigrum) de D. Suresh, H. Manjunatha, Krishnapura Srinivasan

Memorias do Instituto Oswaldo Cruz vol.96 no.5, page 723-728,  Rio de Janeiro July 2001, Biological Activities of Curcuma longa L. de Araújo, LL Leon.  Laboratório de Biologia de Tripanosomatídeos *Departamento de Imunologia, Instituto Oswaldo Cruz

Planta Med 1991; 57(1), pages 1-7, Pharmacology of Curcuma longa, de Hermann P. T. Ammon, Martin A. Wahl, Department of Pharmacology, Institute of Pharmaceutical Sciences, Eberhard-Karls-Universität Tübingen, Auf der Morgenstelle 8, D-7400 Tübingen, Federal Republic of Germany

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