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Syndrome du côlon irritable : quoi faire et quoi manger?

par Marie-France Trudelle ND 05 Jun 2024 0 commentaires
Syndrome du côlon irritable : quoi faire et quoi manger? - La Boite à Grains

Les troubles de digestion sont beaucoup plus communs qu'on peut le croire. Même les gens qui en sont affligés sont parfois tellement "habitués" qu’il ne s’en rendent plus vraiment compte, à moins de traverser une crise plus grave qu’à l’habitude.

Des épisodes de crise constituent une raison d’aller consulter. Plusieurs personnes, en recherche de causes, finissent avec un diagnostic de syndrome du côlon irritable (SCI). En effet, 50% des consultations en gastro-entérologie sont associées au syndrome du côlon irritable.4, 5

Explorons ensemble cette dynamique intestinale complexe et très fréquente.

Le syndrome du côlon irritable, c'est quoi?

Le syndrome du côlon irritable (SCI) se caractérise par une anomalie de la motricité du côlon.5 Soit diminuée, soit augmentée ou une alternance des deux. La sensibilité intestinale est augmentée, ce qui entraîne des spasmes ou des crampes dans les différents muscles intestinaux, occasionnant souvent des douleurs et des selles inconfortables (trop dures ou trop molles selon la réactivité de l’intestin), et souvent à l’évacuation incomplète.1, 3, 5 Les spasmes intestinaux sont bien souvent exacerbés par le stress et soulagés par l‘expulsion de gaz ou de selles.1

Les mécanismes physiopathologiques du côlon irritable constituent une sorte de mystère pour la médecine.1

Par définition, un syndrome, tel que le syndrome du côlon irritable est un diagnostic par élimination. C’est-à-dire qu’il sera attribué une fois tous les tests digestifs effectués sans la découverte d’une pathologie.1, 5 Et si le patient répond à différents critères tels que:

  • Gaz, ballonnements
  • Douleurs abdominales
  • Diarrhée
  • Constipation
  • Alternance de diarrhée et de constipation1, 3, 5

Étant donné que le SCI n’est pas à proprement parler une pathologie, il se qualifie de trouble fonctionnel plutôt que de trouble lésionnel.1, 4, 5 Ce qui, en soit, constitue une excellente nouvelle pour les gens portant ce diagnostic.

Attention : Ici le but n’est pas de vous auto-diagnostiquer, mais simplement de vous permettre de comprendre la dynamique du SCI. Référez-vous toujours à votre médecin pour obtenir un diagnostic valable.

Les déséquilibres digestifs

Le docteur Seignalet nous explique que l’on assiste à une inflammation du tube digestif et que selon lui, les spasmes et anomalies motrices sont une conséquence de cette inflammation.5

En effet, dans une perceptive globale et causale nous devons considérer les points suivants :

  • Capacité enzymatique : surtout l’acide chloridrique de l’estomac et la capacité des enzymes pancréatiques.
  • Le microbiome intestinal +++ (voir la section sur l’axe intestin-cerveau).
  • La qualité de l’eau ingérée
  • Le stress
  • Les émotions refoulées
  • Les carences alimentaires
  • Les intolérances alimentaires
  • Les irritations/ inflammations de la paroi de l’intestin ou la fameuse porosité intestinale

Car ils sont susceptibles de causer une inflammation intestinale.1, 2, 4, 5

De plus ils sont tous interreliés.

Le microbiote intestinal et l’axe intestin cerveau

Il est intéressant de constater que les gens atteints du SCI ont aussi le plus souvent des déséquilibres au niveau du système nerveux, tels que le stress, l’anxiété et les symptômes dépressifs.3

Tel que décrit par le docteur David Perlmutter dans son livre "L'intestin au secours du cerveau" il y a un lien étroit à faire entre la santé nerveuse et l’équilibre du microbiome. L’un influençant l’autre directement via le nerf vague. Selon lui "la santé du cerveau commence dans l’intestin" mais "cela fonctionne dans les deux sens". On peut donc prendre soin de notre intestin en prenant soin de nos pensées, de notre stress psychologique en plus de prendre soin de notre santé mentale/nerveuse avec une alimentation et une supplémentation adaptée.2

Toujours selon le docteur Perlmutter, il existe 3 ennemis jurés du microbiote :

  • Les subissantes qui tuent les bonnes bactéries tels que les médicaments, les antibiotiques et les laxatifs, les agents de traitement des eaux, le chlore et les substances chimiques, de certains ingrédients alimentaires comme le gluten et le sucre.
  • Le manque d’aliments et de nutriments capables de maintenir la muqueuse dans un état optimal.
  • Le stress, qui modifie directement la qualité du microbiome et de la muqueuse digestive.2

La gestion de stress

Il s’agit ici d’explorer si le stress est un facteur qui vous semble causal ou simplement aggravant dans le SCI.

C’est souvent difficile à établir, mais en général, les activités de relaxation et de gestion de stress sont susceptibles d’aider plusieurs déséquilibres inflammatoires via l’axe intestin cerveau.1, 2, 3, 4, 5

La gestion des émotions est aussi très importante.2

  • La lecture
  • Les randonnées en forêt
  • La méditation
  • Le yoga
  • Les dessins créatifs
  • Le coloriage de mandala
  • Les soirées en famille ou entre amis à rire et s’amuser

Tous font partie de quelques idées que nous prenons souvent trop peu le temps dans notre monde de performance.

N’oublions jamais que le stress n’est pas toujours physiologique, mais il peut aussi être physique, chimique ou alimentaire !

Quelle alimentation ?

diète hypotoxique

En présence d’un côlon irritable, nous devons nous assurer que l’alimentation diminue l’inflammation et s’assurer à la fois d’une digestion, une micronutrition et un équilibre microbien optimal. Le but étant d’abord de ne pas nuire, si l’on veut éviter la surréaction des muscles intestinaux. Et, éventuellement diminuer l’inflammation et optimiser la qualité des bactéries intestinales.

Une suggestion que l’on entend souvent est de manger des aliments principalement cuits.5 Le fait de "prédigérer" les aliments par la cuisson semble être moins irritant sur la motilité intestinale. Ce type d’alimentation semble soulager les symptômes, ce qui, pour plusieurs est déjà bon ! Par contre, la diète plus cuite ne règle pas le problème à long terme.5

La diète hypotoxique

À l’opposé, le régime hypotoxique qui est principalement composé d’aliments crus montre des résultats assez éloquents. En effet, des 237 participants à l’étude qui ont adopté la diète hypotoxique du docteur Seignalet, 233 ont eu une rémission complète dans un délai de un mois seulement !5 Il faut bien faire la différence entre une rémission et une guérison.5

Il sera donc pertinent de retirer la plupart des aliments irritants, tels que le gluten, les produits laitiers, le sucre et les aliments industriels, ainsi que de privilégier les aliments crus ou les cuissons douces conformément à la diète hypotonique.1, 5

Tous les détails sur la diète hypotonique dans cet autre article.

Quels aliments naturels ?

Les aliments prébiotiques et la flore intestinale

Les aliments prébiotiques sont, par définition, des fibres alimentaires non digestes qui contribuent à l'équilibre des bonnes bactéries intestinales.1 Ils sont en quelques sorte de la bouffe à bonnes bactéries. Il faudra être prudent au début car leur activité laxative pourrait être souhaitables ou non selon le cas.1

En voici quelques communs :  asperges, champions médicinaux, ail, oignons, poireaux, chicorée, topinambours, feuilles de pissenlit.1, 2, 4

Les aliments fermentés comme la choucroute, le kimchi, le tempeh, le kombucha et le kéfir sont des aliments extrêmement intéressants pour le microbiote intestinal, car ils contiennent des bactéries susceptibles de nourrir la flore intestinale.1, 2

Docteur Perlmutter nous recommande également une alimentation pauvre en glucides et riche en bons gras, ainsi que la filtration systématique de l’eau du robinet qui est assainie avec du chlore qui risque d’altérer aussi nos précieuses bonnes bactéries.1

Activité physique

Le fait de bouger, de respirer, d’avoir du tonus et une bonne posture font aussi partie des habitudes à développer pour une bonne santé intestinale.4

L’activité physique est aussi une excellente façon de gérer son stress.

Les enzymes digestives

enzymes digestives

De mon point de vue, dans la plupart des cas de SCI, on devrait d’abord penser à inclure un supplément d’enzymes digestives.

Les enzymes qui sont naturellement sécrétées par notre tube digestif peuvent facilement être altérées et diminuées lors de stress, de manque de mastication, de vieillissement ou de manque de micronutrition etc.

Voici quelques exemples d’enzymes intéressantes pour une personne vivant avec le SCI.

- DigestMore HCI de Renew Life surtout si la digestion est plutôt lente

- Gluten Relief de Natural Factors s’il y a une tendance aux intolérances alimentaires.

- Pancréatine de New Roots Herbal si la digestion est rapide

Les probiotiques

probiotiques syndrome du colon irritable

SI vous êtes arrivé ici dans la lecture de l’article, vous avez sans doute compris que les bactéries intestinales sont très importantes.

Tout de même, il faut comprendre que la prise de probiotiques, sans changement alimentaire, modifications du mode de vie et/ou renforcement enzymatique, ne saurait être un panacée pour le SCI ni les autres problèmes digestifs.1, 4

De plus, les études ne s’accordent pas pour dire si la modification du microbiome via la prise de probiotiques est possible sur le long terme.Les études de dosages varient entre 2 et 30 millions.Les fortes doses au début risquent de causer des inconforts et l’on recommandera des posologies progressives. (1)

Je suis d’avis que la prise de probiotiques est intéressante, mais doit venir dans une étape succédant aux enzymes, aux changements alimentaires et en parallèle à la prise en charge du stress.

Peut-être que c’est de cette façon que l’on peut assister à une vraie modification du microbiote?

Parmi les choix intéressants ayant fait l’objet d’études cliniques on retrouve :

- HMF IBS Relief de Genestra Brands a des études cliniques sur le SCI, c’est un probiotique de 25 milliards de bactéries par capsule.

- Relief Biotic de Natural Factors

- IBS Urgence Syndrome du côlon irritable de New Roots Herbal

Le GABA

Le GABA est un acide aminé produit par la microflore de l’intestin, jouant ainsi le rôle de neurotransmetteur calmant au niveau du cerveau. Sa présence dans l’intestin réduit ainsi l’activité nerveuse en neutralisant les ondes cérébrales, via le nerf vague.2 Le nerf vague est le nerf qui relie l’intestin au cerveau.

Lorsqu’on le prend en supplément, il se fixe sur les récepteurs intestinaux, comme s’il avait été produit dans l’intestin. Éventuellement, il sera dégradé par les mécanismes normaux de l’intestin et éliminé par les voies naturelles.

Il peut donc s’agir d’un point de départ intéressant pour les gens aux prises avec des problèmes d’anxiété et de SCI, qui considèrent que le stress et l’anxiété sont au cœur de leur problématique.

En conclusion

Vous aurez maintenant compris que le syndrome du côlon irritable n’est pas plus simple parce qu’il est un trouble fonctionnel de la digestion plutôt qu’une maladie lésionnelle.5

Dans tous les cas, il demeure primordial d’adresser la gestion du stress, l’activité physique et l’alimentation d’abord. Ensuite il faut choisir judicieusement les suppléments les plus appropriés selon le cas et incluant une enzyme digestive et un peu plus tard un probiotique avec des bactéries étudiées pour le SCI. Le but ultime étant de diminuer l’inflammation et de rétablir l’harmonie au sein des bactéries intestinales.

On aurait pu aussi élaborer sur les huiles essentielles pour le SCI, en effet les huiles essentielles seraient très intéressantes puisqu’elles peuvent agir à la fois sur le système nerveux, la digestion et le microbiote.4

À propos de l'auteur

Marie-France Trudelle, Naturopathe Diplômée

Connaissances approfondies en :

  • Nutrition et compléments alimentaires
  • Gestion du stress et sommeil
  • Activité physique ou mouvement
  • Massothérapie

    Références

    1. Dr Médart, Jacques, Quand l’intestin dit non, les éditions Thierry souccar, 2008, 193 pages.
    2. Perlmutter, David Dr, L’intestin au secours du cerveau, Version originale: Brain maker, Hachette livre (Marabout) 2016, 415 pages.
    3. Cousin, Marie, ND.A., Synthèse thérapeutique, Syndrome du colon irritable, 2019, 46 pages
    4. Dr Scimeca, Daniel, Dr Tétau, Max, Intestins et maux de ventre, 127 pages.
    5. Seignalet, Jean, Lalimentation ou la troisième médecine, Éditions du Rocher, France, 2014, 770 p.
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